Faire ensemble, vivre ensemble, agir pour la Paix

« Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu’il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns et les autres par les bonnes actions. Votre retour à tous se fera vers Dieu, il vous éclairera au sujet de vos différends » (Sourate 48-verset 5).

posté le mercredi 20 janvier 2016

le 19 janvier 2016 : Conférence-débat sur le thème : « Appelés à proclamer les hauts faits de Dieu », Débat entre Yeshaya Dalsace

 

 

 

 

 

 

 

Conférence-débat sur le thème : « Appelés à proclamer les hauts faits de Dieu »,

Débat entre Yeshaya Dalsace (rabbin de la synagogue Dor Vador à Paris)

et le Cardinal Philippe Barbarin, (archevêque de Lyon, Primat des Gaules)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Rencontre avec le Cardinal Philippe Barbarin et Yeshaya Dalsace  

Proclamer les hauts faits de Dieu. 
Nostra Etatae. 20 siècles de dénégations ont fait l'histoire des hommes. 

Le christianisme n'est ni accident,  ni un état de fait,  mais a fait un bond extraordinaire.  
Le pape François dit : "Avoir une conversation avec autrui c'est faire un pas vers Dieu".  

 

 

 

 

 

 

 

Il n'y a pas de de connaissance de soi sans connaître Dieu.  
Question de dire les hauts faits de l'Eternel,  il y a le sentiment intime, profond, est il partageable ? Les Hauts faits,  ce sont les miracles. 

 

 

 

C'est ce trait d'union entre le ciel et la terre.  Vision des hauts faits de l'Eternel. 

C'est la question du texte et de l'étude. 

 

 

  Le problème des grands miracles,  est ce que nous y croyons toujours. 

C'est de chercher à comprendre un texte. 

 

 

  Quand on parle de la proclamation,  c'est tous ceux qui ont la prétention de représenter la compréhension de l'Eternel. 

 

 

  C'est un concept tout à fait juif. Le croyant est exemplaire,  il donne envie aux autres. 

C'est celui qui se veut porteur des hauts faits de l'Eternel.  

 

 

  Parle de la semaine de l'unité des chrétiens.  Appeler l'église comme une fraternité.

 

 

  Comme une source de la parole de Dieu qui va être portée sur ton chemin. 

J'ai reçu un cadeau de Dieu

 

 

   Je dois le transmettre et après,  je dois disparaître. 

Proclamer les hauts faits de Dieu.  Promesse et Évangile,  c'est la même racine. 

 

 

  Souvent on dit,  je proclame tes louanges,  je prononce la parole de Dieu. 

Amour,  c'est un mot très courageux,  car il amplifie tout,  la fraternité.

 

 

  Le magnificat, Dieu est miséricordieux avec tout le monde. 

 

 

 

 

 

 


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posté le mercredi 20 janvier 2016

le 19 janvier 2016 : Conférence -débat sur le thème : « Le problème de la Guerre en Islam » par Makram Abbès (ENS de Lyon)

 

 

Conférence -débat sur le thème : « Le problème de la Guerre en Islam »

par Makram Abbès (ENS de Lyon) à l'université de Lyon 90 rue Pasteur à Lyon 7 ème

dans le cadre du cycle de conférences

« Refléchir après Charlie janvier et novembre 2015 »

organisé par le laboratoire « Triangle ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cest la notion de la guerre sainte en islam et le terrorisme.
Jihad: acceptations sémantiques et signification dans le texte coranique.  
A. Les 3 niveaux du jihad. Ontologique.  Moral.  Guerrier = harb
B. Remarque sur la réception contemporaine des ces 3 acceptations et du problème dela polysémie,  dans l'islam, dans les courants mystiques.  

 

 

 

 

Il n'y aurait que le sens violent de la guerre.  
Lutte contre ses passions,  l'agressivité, ses impulsions.  
Le texte coranique utilise cette notion de jihad, les guerres concrètes contre les musulmans. 

 

 

 

 

Sortir des ces sens hypothéqués. Une partie de la conscience musulmane est affectée par ces derives et de l'interprétation des textes.  Il faut sortir du problème.  
Confiscation d'une signification unique,  de la racine,  d'un mot,  "harb". 
Le texte a été révélé à un moment charnière de la migration à Medine en 622. Partir de la grande question,  qui est l'ennemi ? Le texte coranique de la légitimation, point de départ, moment de la résistance pacifique. Lutter contre l'oppression.  Résister contre l'oppression.  Tout cela peut conduire à une interprétation.  Le Coran mecquois serait plus gentil,  tandis que le Coran medinois serait plus agressif.  Le terme qui est utilisé dans le Coran est le mot "fitna", qui veut dire,  se quereller.  
La tradition juridique de l'affirmation de la "guerre sainte". Existait dans l'antiquité et le christianisme. Il n'y a pas d'autorité à sanctifier de faire triompher la cause de Dieu.  Sensé de convertir au véritable monothéisme.  

 

 

 

 

 Grande question qui émerge à la lecture et à l'histoire de l'islam.  D'abord, l'ennemi juré des musulmans est le polythéisme.  Guerre aussi contre les gens du livre.  Les ennemis internes (apostats, dissidents,  brigands et les coupeurs de routes). Ces catégories,  sont présentent dans les textes coraniques.  Les théologiens,  les juristes de l'islam étaient travaillés par une notion de guerre et de paix. 
4 ème phase.  Dieu autorise, le Prophète à faire la guerre.  C'est un travail d'interprétation de la lecture. Nous sommes dans une justification juridique et sémantique d'abrogation de plusieurs centaines de versets.  

 

 

 

 

l y a cette idée d'etatisation de la guerre. La guerre et la paix,  c'est le souverain qui décide.  La guerre,  c'est comme le prélèvement des impôts.  C'est l'autorité souveraine et légitime.  L'autre religion existe pour lui livrer combat.  Nous ne sommes pas dans une vision monolithique. Le casius belli. 
Toutes les écoles de l'islam interdisent de tuer les femmes et les enfants, agriculteurs,  les moines. 

 

 

 

 

Fondation d'une nouvelle pensée de l'islam.  Celui du milieu du XX ème siècle,  elle fait le choix de la radicalite.  Comment la religion de l'islam est perçue ? La guerre est l'outil de la réalisation du royaume de Dieu sur terre.  L'état musulman est la première cible.  

 

 

 

 
 


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posté le lundi 18 janvier 2016

le 18 janvier 2016 : Rencontre au siège du Conseil Régional du Culte Musulman Rhône-Alpes à Lyon


 

 Rencontre coniviale au siège du Conseil Régional du Culte Mususlman Rhône-Alpes

23 due du Dauphiné à Lyon 3 ème en présence d'Ahmed Ogras (futur président du Conseil Français du Culte Musulman)et quleques membles de l'association Turque DITIB

 

 

 avec Benaissa Chana, Abdel Malik Richard Duchaine, Abdelkader Laid Bendidi,

Ahmed Ogras,

des membres de l'association Turque DITIB, Nordine Messili et Abdelkader Hayat

 

 

 

 

en présence du Président Abdelkader Laïd Bendidi et Ahmed Ogras 

 

 


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posté le samedi 16 janvier 2016

le 16 janvier 2016 : Conférence-débat sur le thème : "Chrétiens et Musulmans, comment bien vivre ensemble"

 

 

 

 

 Domaine Saint Joseph à Sainte Foy les Lyon 

 

 

 Amphithéatre

 

 

Bonjour Mesdames,

Bonjour Mesdemoiselles,

Bonjour Messieurs,


Que la paix de Dieu repose sur vous et sur vos familles.

Shalom

Salam Aleykum à vous toutes et à vous tous.


Je vous remercie de m'accueillir au

Mouvement Chrétien des Retraités du Diocèse de Lyon .


Il me semble que vous ayez choisi pour thème

de l'année 2015/2016 :


"Voici que je fais toutes choses nouvelles".

 

 

 

Abdel Malik Richard Duchaine,  Hassan Foukahy,

le Père Roger Philibert et Réda Kadri

 

 

 Abdel Malik Richard Duchaine  (Les Fils d"Abraham)

 

 

 

 

 Hassan Foukahy (COEXISTER)

 

 

 

 

 

 

 

 

Reda Kadri (Imam de Chassieu) 

 

 

 Abdel Malik Richard Duchaine,  Hassan Foukahy,

le Père Roger Philibert et Réda Kadri

 

 

 

 
 Reda Kadri (Imam de Chassieu)

 

 

 

   

Préambule : 


Le 13 novembre 2015, la France a été marquée par des évènements tragiques et boulversants.

Toute l'humanité s'est levée comme un seul homme pour condamner la barbarie des terrosistes.

Ces actes sont totalement incompatibles avec les valeurs de l'Islam.


Dieu dit dans le Noble Coran (Sourate 5 Verset 32)


« Quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes.

Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes.

En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre »

Les musulmans sont les premières victimes de ces massacres perpétrès par ces monstres ignorants et faibles d'esprit.


D'ailleurs, nous ne devrions pas utiliser te terme « Etat islamique », alors que c'est une organisation terroriste non représentative des musulmans qui bafouent les fondements de l'Islam.


Nous avons le devoir en tant que citoyen français de rejeter toute forme de discours ou action haineuse et nous entraider dans les bonnes œuvres.


Dieu dit dans le Noble Coran (Sourate 5 Verset 2)


« Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Dieu, car Dieu est, certes, dur en punition ! »


L'accomplissement des bonnes œuvres permettra la satisfaction de Dieu et sa bénédiction. Elle permettra également d'éradiquer la stigmatisation de la communauté musulmane.


Dans ce contexte, le devoir d'implication dans la vie sociale en France pour prôner les réelles valeurs de notre religion semble être le chemin à suivre.

Comme l'indique le Cardinal Jean-Louis Tauran  ( Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux) : « L’avenir n’est pas de s’entre-tuer mais de voir ce que l’on peut faire ensemble. Or si, ensemble, nous croyons que nous sommes des créatures, comme dans une famille, nous ne pouvons pas nous contenter de nous tolérer : nous devons passer de la tolérance à l’amour.

C’est en cela que les religions sont porteuses de fraternité.»

Le thème pour lequel j'interviens aujourd'hui est :


 « Chrétiens, musulmans.

Comment bien vivre ensemble ? »


La religion revient en force dans le débat public, posant des questions auxquelles l’Europe a déjà été confrontée au cours de son histoire.

Quelles réponses concrètes ont été données au cours des siècles pour faire vivre ensemble des chrétiens et des musulmans ?


Vit-on, au 21ème siècle, un retour en force de la religion ?

Jusqu’aux années 1970, de nombreux chercheurs en sciences sociales ont estimé que la religion était en voie de disparition et que le développement technologique et économique y mettrait fin : d’abord dans les sociétés industrialisées, ensuite dans le monde en voie de développement.


Puis vinrent la mobilisation de groupes religieux dans les sociétés civiles et sur les campus universitaires, le déploiement de missions portées par des Églises évangéliques protestantes, l’élection au pontificat de Jean-Paul II appelant à une «nouvelle évangélisation», la révolution iranienne de 1979, l’échec du régime communiste en Afghanistan et le soutien américano-saoudien à une résistance islamique, l’essor du droit religieux aux États-Unis et en Israël, l’adoption de lois contre le blasphème dans plusieurs États à référence musulmane, etc.


La religion est revenue en force dans les sociétés et s’est invitée à la table politique.


Si certains de ces mouvements prétendent renouer intégralement avec les formes pures d’un état originel, ils sont habités par des éléments résolument modernes : ils représentent des réactions à des formes de domination, à un mouvement polymorphe de sécularisation, à la mondialisation des sociétés, contre lesquels ils proposent des valeurs qu’ils tirent de leurs traditions respectives.


Cette réaffirmation des identités religieuses replace la religion dans le débat public, que ce soit la question du foulard dit «islamique» en France, la mention de l’islam comme étant reliée à la Tunisie mais non à l’État tunisien dans la constitution adoptée le 26 janvier 2014, l’introu-vable définition de l’«être juif» dans le droit israélien, le rejet des minarets en Suisse, l’acceptation du port du turban sikh par des fonctionnaires britanniques, etc.


Elle pose, de façon urgente, quoique de manières très différentes, la question de la pluralité religieuse de nos sociétés.


Comment, au sein d’une société, peuvent coexister paisiblement des croyants de diverses confessions et des non-croyants, formant ou non des communautés en constante transformation ?

Comment expliquer les situations de tensions ou de conflits ouverts ?


Je dirais tout d’abord que les religions ne sont pas à l’origine du chaos actuel.

Mais il est vrai qu’on ne peut comprendre la situation sans prendre en compte les religions, en particulier les trois monothéismes, et que les religions seront un élément incontournable dans la solution des conflits en cours.

En second lieu, je désire attirer votre attention sur la formulation du titre de notre rencontre :« Chrétiens, musulmans. Comment bien vivre ensemble ? »


Visions chrétienne et musulmane des relations entre chrétiens et musulmans.

En effet, nous n’allons pas nous livrer à un exercice de théologie comparée christianisme et islam.

Nous allons évoquer les relations qui se sont établies entre les adeptes des deux religions.


Le dialogue interreligieux est normalement précédé par le dialogue de la vie entre les croyants : des hommes et des femmes, parfois voisins de palier, confrontés aux mêmes problèmes.

Il s’agit de se connaître, de se comprendre, de

« s’apprivoiser ».

Comme le dit le Professeur Michel Younès  de la Faculté Catholique de Lyon : « Le dialogue,  c'est l'échange  de parole réciproque sur un même pied d'égalité.  On ne fait pas dialoguer des systèmes de pensées.  On dit toujours,  le vrai christianisme,  le vrai islam.  On ne vit pas la même chose de la même manière.  C'est un dialogue incarné.  Nos regards mutuels sur la différence.  L'objectif du dialogue c'est de pouvoir poser un regard différent.  On vient tous de Dieu,  mais dans la vie on se regarde avec manière différente ».

Or, nous constatons que malgré tant d’efforts récents, nous ne nous connaissons pas encore.

Nous avons peur les uns des autres.

Évidemment le terrorisme pratiqué au nom de l’islam par des musulmans dévoyés ne contribue guère à favoriser la confiance mutuelle.

En outre, l’islam est de nature complexe : il est à la fois religion, société et État, qui ne distingue pas le temporel du spirituel.


Tant et si bien que beaucoup d’incompréhensions sont dues à l’ignorance.


Le Dieu de l’islam est en réalité le même Dieu des juifs et des chrétiens.


Les musulmans vénèrent les prophètes bibliques, y compris Jésus.

Mais pour un musulman, le Prophète Mohamed demeure « le sceau des prophètes».

Il n’est ni un sauveur, ni un messie.

Pour les musulmans, il est essentiellement celui par lequel Dieu a choisi de lui parler.


S’il est une« religion du livre », c’est bien l’Islam !


Mais nous avons des points en commun, comme le dira le Pape Jean-Paul II à Kaduna, au Nigeria (1982) : « Nous vivons sous le soleil du même Dieu miséricordieux ; nous croyons les uns et les autres en un seul Dieu, Créateur de l’homme... Nous avons le privilège de la prière, le devoir d’une justice accompagnée de compassion et d’aumône et, avant tout, un respect sacré pour la dignité de l’homme qui se trouve à la base des droits fondamentaux de tout être humain, y compris le droit à la vie de l’enfant qui n’est pas encore né ».


Le 19 ème siècle est marqué par l’essor du nationalisme européen et par l’expansion des empires coloniaux français et britanniques.


Les États cherchent à faire de la nation le socle identitaire par excellence, face à des identités régionales, locales ou confessionnelles.

Les États sont prêts à mobiliser le clergé ou le sentiment d’appartenance religieuse quand cela sert leur intérêt, tout en les subordonnant à leur pouvoir.

Les 19e et 20e siècles voient la sécularisation progressive des sociétés européennes: les institutions religieuses perdent, lentement mais inexorablement, leur place prédominante dans les sociétés: que ce soit dans l’éducation ou dans la définition.


Nous sommes progressivement passés de sociétés où l’existence de minorités religieuses était la norme à des sociétés où l’adhésion de tous à la même doctrine devient obligatoire.


Les Lumières redécouvrent la tolérance des sociétés plurireligieuses.

Et la Révolution française reconnaît l’égalité des droits à tout citoyen quelle que soit sa confession ou son absence. de croyance religieuse. des mœurs prédominantes.

La sécularisation n’empêche pas la haine religieuse, bien entendu; les pogroms du 19e et la Shoah au 20e en témoignent, même si cette dernière est entreprise non pas au nom de la religion mais au nom de l’infériorité supposée de la « race sémite ».


À la fin du 20e et à l’aube du 21e siècle, bon nombre des institutions religieuses, si elles ne renoncent pas en théorie à leur message universel, cherchent à définir leur rôle dans une société multiconfessionnelle où elles se trouvent parfois en concurrence rude les unes avec les autres, parfois au contraire en alliance pour défendre des valeurs et des intérêts communs.


Pour Jean Baubérot, c’est le modèle de la laïcité à la française qui est en crise.

Alors qu’en théorie elle devrait garantir la liberté de religion pour tous et l’égalité entre les cultes, elle est évoquée de plus en plus pour justifier la stigmatisation de la religion et du religieux, en particulier (mais pas exclusivement) envers l’islam.

Au point que le présidente du Front National se pose en défenseur de la laïcité, chose impensable il y a quelques années.

Si le débat sur la laïcité a été critiqué comme stratégie de stigmatisation des musulmans de France, un véritable débat sur la laïcité et sur la place des religions dans la société serait peut-être le bienvenu.

Une discussion où personne, croyant ou non-croyant, ne serait stigmatisé pour ses convictions religieuses et où l’on pourrait débattre de la place de la religion et des religions dans notre société.


La cohabitation religieuse en Europe dure depuis 15 siècles.


À nous de faire en sorte qu’elle puisse continuer dans l’harmonie et dans le respect mutuel.


Louis Massignon, grâce à son expérience de jeune orientaliste revenu à la foi, découvrit le monde musulman à Bagdad.

Plus mystique que théologien, il voyait dans l’islam l’héritier d’Abraham.

Pour lui, l’heure était providentielle pour recueillir les promesses et les bénédictions faites à Ismaël ...

Il visita souvent Jean-Baptiste Montini et, dit-on, son souvenir aurait pesé lorsque Paul VI décida que le Concile Vatican II parlerait aussi des musulmans.


Lorsque le Concile Vatican II (1962-65) se réunit, son programme ne prévoyait rien au sujet de l’Islam, pas plus d’ailleurs qu’au sujet des autres religions non-chrétiennes.

Sauf le Judaïsme. C’est la présentation du projet de Déclaration sur le Judaïsme qui amena les patriarches orientaux à demander que parallèlement, des textes soient produits, qui reconnaîtraient les valeurs de l’Islam. Comme le concile prévoyait de parler deux fois du judaïsme, deux textes sur l’Islam furent donc élaborés, et après bien des discussions et des transformations, furent adoptés par une écrasante majorité.


Alors, comment définir le dialogue interreligieux ?


Il n’est pas une conversation entre amis, il n’est pas non plus une conversation, il n’a pas pour but de créer une « religion mondiale » satisfaisant tout le monde.

Plus positivement, il a pour but de créer un espace pour un témoignage entre croyant qui permette une connaissance de la religion de l’autre et des comportements éthiques qui en découlent.

Une fois constatés nos convergences et nos différences, il nous est demandé de considérer comment mettre à la disposition de la société ce patrimoine pour contribuer à la paix, à la compréhension et à la collaboration entre les peuples.

Il s’agit de connaitre l’autre tel qu’il est et, donc, tel qu’il a le droit d’être connu.

Et non pas tel qu’on dit qu’il est ou tel qu’on voudrait qu’il soit. Le dialogue interreligieux n’est donc pas autre chose qu’un long pèlerinage vers la Vérité qu’accomplissent les croyants et les chercheurs de l’Absolu.

Dans le dialogue, on rend aussi hommage à toutes les parcelles de vérité que Dieu a bien voulu semer dans toutes les cultures et les religions.


Ainsi est née La conférence Mondiale des Religions pour la Paix.

Ainsi que les rencontres conviviales, les itinérances de prières que nous faisons avec l'association « Les Fils d'Abraham ».

Le vivre ensemble dans les quartiers.

Les conditions au dialogue inter-religieux :

  • Savoir écouter et être prêt à se laisser déranger, bousculer.

  • Ne pas prétendre connaître la religion de l'autre mieux que lui.

  • Être bien enraciné dans sa propre tradition.

  • Ne pas prétendre détenir la vérité : « On ne trouve la vérité qu'en pratiquant l'hospitalité » disait Louis Massignon.

  • Ne pas chercher à convertir l'autre.

  • Établir la confiance.

  • Vivre la patience et l'espérance en ayant un rapport sain à la mémoire.



Je citerai le Noble Coran la Sourate N°5 Verset 48

« Si Dieu l'avait voulu, certes , il aurait fait de vous tous une seule communauté.

Mais il veut vous éprouver en ce qu'il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes œuvres.

C'est vers Dieu qu'est votre retour à tous; alors il vous informera de ce en quoi vous divergiez »



Les difficultés du dialogue inter-religieux.

Une première difficulté, est intérieure à nous tous.

C'est que ne nous sommes guère capables d'un regard objectif et sans préjugés sur le partenaire en dialogue.

Trop souvent, nous ne distinguons pas entre doctrine et vie concrète, ni de notre coté, ni du coté du partenaire en dialogue.

Il y a également le contexte socio-politique qui peut peser et rendre difficile un vrai dialogue (qui est minoritaire par exemple).

Autre obstacle : la qualité de notre foi même et de notre méconnaissance de l'autre.

Moins nous sommes enracinés dans notre propre foi, moins nous la connaissons, moins nous sommes sûrs, plus nous cherchons à nous défendre, plus nous devenons agressifs.

On me dit parfois : « Tu perds ton temps ! Où tout ça te mène ? »



Et Dieu dans tout ça ?



« Il n'y a qu'un seul Dieu, un seul médiateur aussi entre Dieu et les Hommes, un homme, Christ Jésus qui s'est donné en rançon pour nous tous ».

Alors on peut entendre cette unique médiation de façon exclusive et disqualifiante pour les autres religions ou inclusive : le Christ vient récapituler tout ce qu'il y a de bon et de vrai dans les religions qui contiennent comme le disent les Pères de l’Église des « semences du Verbe ».

Une culture de l'hospitatlité.

De l'autre, celui qui accueille et celui qui est accueilli.


Vous l’aurez compris, nous sommes « condamnés » au dialogue, au Vivre-Ensemble.


Nous évoluons dans un monde où tout se conjugue au pluriel y compris la religion.

Dans une société qui n’est plus sûre de son avenir et se désintègre, il est impératif de créer des espaces où chacun puisse être écouté, accueilli et compris.

Des lieux où dans la sérénité, je puis connaître les valeurs d’autrui, tout en défendant les miennes.

Continuer à dialoguer quand bien même on connaît la persécution est un signe d’espérance.


Voilà pourquoi le dialogue est devenu une nécessité.

Il commence toujours par l’accueil et le respect.


«En embrassant, j’ouvre les bras pour créer un espace en moi, mais aussi pour l’autre.


Les bras ouverts montrent que je ne veux pas seulement rester isolé et que j’adresse une invitation à l’autre à venir à se sentir chez lui, chez moi.


Dans une étreinte mutuelle, personne ne reste intact, parce que chacun enrichit l’autre et cependant tous les deux restent eux-mêmes ».


Pour conclure, je vous propose « Une lecture musulmane du Testament spirituel de Christian de Chergé ».


Christian de Chergé, prieur de l'abbaye L'Abbaye Notre-Dame de l'Atlas de Tibhirine

, assassiné en 1996) était lecteur du Coran, il citait régulièrement des sourates dans ses homélies, et il alla jusqu’à reconnaître que le message coranique est parole de Dieu adressée aux hommes.


« L’Algérie et l’Islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première église, précisément en Algérie, et, déjà dans le respect des croyants musulmans.

Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste : "qu’ils disent maintenant ce qu’ils en pensent !"

Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais.

Oui, pour toi aussi, je le veux ce merci, et cet "A-Dieu" envisagé de toi.

Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous les deux.

Amen ! Inch Allah !"


Je vous remercie de votre attention, pour que « Chrétiens et Musulmans continuent à vivre ensemble ? »



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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