Faire ensemble, vivre ensemble, agir pour la Paix

« Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu’il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns et les autres par les bonnes actions. Votre retour à tous se fera vers Dieu, il vous éclairera au sujet de vos différends » (Sourate 48-verset 5).

posté le samedi 20 mai 2017

le 20 mai 2017 : Colloque de l'ACLAAM "S'accueillir, l'interculturel au quotidien" au Lycée Charles de Foucauld à Lyon 3 ème

 

 

 Colloque de la Cellule Diocésaine Accueil Migrants (ACLAAM)


«Accueillir, l'interculturel au quotidien ».

Accompagnants et accompagnés sont invités au Lycée Charles de Foucauld, 6 rue Bara à Lyon 3ème

 

Suite à la réussite de la journée du 3 décembre 2016, la Cellule diocésaine vous propose une nouvelle rencontre, accueillants et accueillis, pour : 
• passer un temps convivial d’enrichissement mutuel dans la diversité des cultures qui seront représentées, 
• réfléchir ensemble sur ce que signifie intégrer et s’intégrer à travers un apport théorique et des témoignages concrets, 
• mieux se connaître et se soutenir en partageant expériences et questionnements lors d’ateliers thématiques, 
• échanger avec des partenaires investis dans l’accompagnement des migrants.

 

 

 

 

 Présentation de la journée par André Blandin

(Président de L'ACLAAM)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Intervention du Père Christian Mellon

Membre du Ceras (centre derecherche et d'action sociale)sur le thème :

L'intégration des populations étrangères : repères chrétiens sur une question controversée. 

 

 

 L'assimilation,  c'est une chose que nous entendons beaucoup dans les discours politiques.  L'assimilation,  tend à faire disparaître toutes cultures traditionnelles,  la langue,  les coutumes.  L'intégration tend à faire, tend à susciter  le volontarisme comment une société accueille les populations qui sont différentes.  Aujourd'hui,  les migrants représentent 3, 9 millions de la de la population française.  La France est un pays d'immigration.

 

 

 Un siècle et demi d'immigration,  un français sur 4 a des racines étrangères.  Le socle migratoire est un des plus faible d'Europe.  Nos politiques de nos banlieues stigmatisent ces descendants de migrant.  Le niveau est égale à la population d'origine française. 

 

 

 Nous nous ressemblons de plus en plus.  Il y a ceux qui entonnent le refrain du raté de l'immigration.   Il y a l'intégration culturelle et l'intégration structurelle.  

 

 

 La question qui se pose sur l'intégration culturelle des populations étrangères qui expriment un sentiment du rejet.  Beaucoup de ces réticences,  mettent en cause la question de l'islam.  Cela devient un islam visible.  

 

Les repères chrétiens,  le pape Jean Paul II, la voie à parcourir est  celle de l'intégration,  tout en gardant les racines culturelles.  
Pourquoi ce refus de l'intégration par l'Église ?  Pourtant, l'église ne doit pas avoir peur des différences.  Nous nous enrichissons aux côtés des autres,  à côté de l'étranger.  
Il faut considérer l'immigration comme étant une richesse et non comme un obstacle. 
La pastorale des migrants pour communier ensembles. Un discernement est à opérer dans cette politique du vivre ensemble,  il ne faut pas partir avec des idées toutes faites. 
L'invitation du Pape François.  Essayons de depolitiser pour que nous ayons un vivre ensemble plus harmonieux.  L'église ne doit pas manquer de montrer l'exemple de la fraternité entre les peuples pour un monde meilleur et non pas avoir une culture du rejet de l'étranger.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Table Ronde 1 : l'adaptation culturelle,  enjeux de l'intégration et construction de l'identité. 

 

 

 Annimation Jean Pierre Berthet (ACLAAM)

 

 

 Patricia et Mina (réfugiés égyptiens)

 

 

 A eu des difficultés par rapport à la langue,  ne parlait que l'arabe et l'anglais.   J'ai du quitter mon pays à cause de ma religion.  Je suis de religion chrétienne copte d'Égypte.  

 

La difficulté était de trouver des réseaux,  des amis.  A appris le français au Cpe.  Je suis ici en France, par rapport à un problème religieux.  Je suis chrétiens copte,  et j'ai du quitter mon pays par rapport à l'islam.  Autre chose,  la traduction arabe français est fausse,  puisque c'est très souvent par rapport à la personnalité du traducteur.  
En tant que médecin,  je ne retrouve pas l'équivalent pour trouver une formation pour passer des examens.  Dans mon pays d'origine musulmans,  l'Égypte,  on accepte pas ma spécialité,  c'est à dire gynécologue.

 

 

Catherine Maurin (association Habitat Saint Roch)

et Philippe,  

(bénévole de compétences d'Alynea).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nous ne sommes pas du même pays, nous n'avons pas les mêmes coutumes.  Nous pouvons avoir en face de nous,  des personnes traumatisées.  Il faut faire preuve d'empathie par rapport à ces gens là.  Ne serait ce qu'un détail,  bien souvent les migrants viennent d'un pays chaud et ils sont maintenant dans un pays froid.  Ils montent le thermostat et ouvrent la fenêtre parce qu'il fait trop chaud.  L'adaptation doit être vraiment réciproque.  Ou alors comprendre l'importance de la l'actualité et de la date des rendez vous.  

L'école,  le rôle d'accompagnement est très important pour vaincre les différences.  C'est très important que nous restons en liens avec l'école et les parents. 

 

 

 Culture pour tous qui propose des place de cinéma,  théâtre,  de manifestations sportives. Ça marche part internet,  le but c'est de donner des place gratuites.  Mais cela permet l'ouverture auprès des migrants.  

 

Les parents sont responsables de leurs enfants et les accompagnants n'ont pas à substituer a la place des parents. C'est une adaptation réciproque.  Cela peut être sur un problème religieux, mais aussi ça peut être sur le plan culturel.  
L'intégration ne dénature pas l'identité d'un peuple,  mais au contraire, elle l'enrichit. 
Pour s'intégrer,  il faut se désintégrer.  S'ouvrir aux autres.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Table Ronde 2  - Annimation par Yannick Fresnais ACLAAM

L'interculturalite expérimentée lors de l'apprentissage et de l'enseignement de la langue française. 

 

 

 Bechik d'origine albanaise,  n'a pas le droit de travailler.  Essaye d'apprendre le français par internet.  Ses enfants apprennent le français à l'école. 

Pour moi,  c'est une barrière.  

Louise bénévole au Secours Catholique.  C'est la compréhension orale des mots de la langue française.  C'est de mettre en confiance, il faut que la parole soit libérée. L'apprentissage de la langue française,  il faut de la régularité,  passer au delà des hantises. Travailler sur la grammaire et la conjugaison,  faire en sorte que ça apporte quelque chose.  Et puis,  il y a l'aspect convivial. 

 

 

 Patrick Gaschel enseignant à Aster Formation

 

La facilité,  c'est que que nous apportent les stagiaires.  Les gens apportent ce qu'ils sont.  Ils apprennent le français avec le langage de la rue.  Les difficultés sont multiples.  Parler une langue,  c'est un regard que l'on porte sur le monde. La langue française est truffée d'expressions et de subtilités qui ne sont pas évidentes pour l'apprentissage de la langue française.  Et puis, il y a la peur de la perte de la langue d'origine.  

Seta d'origine irakienne.  A été déçue par la formation de l'Offi. C'est une langue, le français, qui n'est pas facile pour moi.  En France, par demande beaucoup de papiers pour apprendre le français,  carte d'identité,  carte vitale,  ne serait ce que pour avoir un logement.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Intervention de Monseigneur Emmanuel Gobillard

(Evêque Axiliaire du Diocèse de Lyon)

 

 

 

 


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posté le vendredi 19 mai 2017

le 19 mai 2017 : Conférence de l'ETIC à la Mosquée Othmane « Tout ce qu'il faut savoir sur le Ramadhan » (Questions juridiques)

 

 

 Conférence de l'ETIC à la Mosquée Othmane « Tout ce qu'il faut savoir sur le Ramadhan » (Questions juridiques) avec

Azzedine Gaci (Recteur et imam de la Mosquée Othmane dfe Villeurbanne

et Abdallah Dliouah (Imam de la Mosquée de Valence)

 

 

 Les règles du jeûne du mois de Ramadhan (avis juridiques)

Le  voyageur,  la distance de plus de 84 kms et la durée de 4 jours,  je peux rompre le jeûne.  Entre Paris et Lyon,  c'est supportable. 

Si un voyageur choisit de ne pas jeûner,  il est tenu de rattraper les jours manqués avant le Ramadhan de l'année prochaine.  

 

 

 La maladie incurable ou l'invalidité.  

 

Les personnes âgées très faibles, la personne souffrant de maladies chroniques, sont dispensés de ne pas jeûner.  
La femme en période de menstrues ou de retour de couches. 
Elle doit verser la (fydiat),  c'est à dire de nourrir un pauvre de la valeur d'un repas entre 4 et 7 euros.  

  

 

 Le jeûne de la femme enceinte ou qui allaite.  Elle doit rattraper le jeûne.  

Ce qui n'invalide pas le jeûne.  Se rincer la bouche. 

Verser de l'eau fraîche sur le corps ou se rafraîchir dans un bassin d'eau. 

Avaler sa salive, avaler de a poussière.

 

 

 Les actes invalidant le jeûne et nécessitant le rattrapage sans la kaffarat.  La kaffarat est une expiation : jeûner 2 mois.  Rompre le jeûne est un péché très grave, le rapport sexuel direct invalide le jeûne,  tous les deux doivent jeûner pendant 60 jours (kaffarat).

 

 

Manger ou boire ou avaler
Prendre un médicament non nutritif n'annule pas le jeûne.  

 Faire le jeûne pendant le mois de Ramadhan,  c'est de réveiller sa conscience,  c'est un message qui est véhiculé pendant le mois de Ramadhan,  c'est secret entre moi et Allah (Azeogel). 

 

 

 Moins d'humain et plus de divin,  c'est un long voyage à l'intérieur, une sorte d'introspection sur soi même,  le sens de la relation de la révélation du Qur'an pendant le mois de Ramadhan.  Le Qur'an,  c'est de le lire en arabe et non pas dans la traduction française.  Traduire,  c'est trahir.  

 

Il n'y a pas mieux que d'apprendre l'arabe,  de le lire dans la langue qu'Allah (Soubhanallah Wa ta Allah) a été révélé le Qur'an.  
Il faut faire l'effort.  

 

 

 Mais ce qui est important,  c'est le rapport avec les autres.  Le Ramadhan,  c'est un mois d'école sur une année. 

C'est de renouer avec Allah ( Soubhanallah Wa ta Allah ).  

 

C'est la nécessité du coeur,  c'est d'avoir l'amour des pauvres.  
Pendant le mois de Ramadhan,  il faut se rapprocher des autres,  de sa famille,  de ses amis.  

 

 

 Au delà du "ftour" il faut parler avec les parents.

 

Si on ne peut pas lire le Qur'an,  on peut l'écouter. 
Essayons de vivre ce que nous vivons.  
Les séances de kinésithérapie n'annulent pas le jeûne du mois de Ramadhan.  
C'est le mois de la discipline.  

 

 

 

 

 

 

 

 

  A l’approche du Jeûne du Ramadan, beaucoup de musulmans se remettent à la prière. Et chaque année, on me pose la même question : quel est le statut de celui qui ne prie que pendant le Ramadan ?

Je donne toujours la même réponse à cette question : Celui qui ne prie que pendant le Ramadan est meilleur que celui qui ne prie jamais.

Cela étant, je me pose une question : Celui qui ne prie que durant le ramadan, pour qui prie t-il exactement?

Car s'il prie pour Dieu, alors Dieu existe avant, pendant et après le Ramadan ?

Azzedine GACI

 

 


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posté le mercredi 17 mai 2017

le 17 mai 2017 : Cycle de conférence de l'UFCM avec Mourad Hamza ""Quelques clefs pour bien vivre le Ramadhan sainement »

 

 

 Conférence Ramadham à l'UFCM avec

l'Intervention de Mourad Hamza sur le thème : "Quelques clefs pour bien vivre le Ramadhan sainenemt »

 

 Récitation coranique. Sourate Al Baqarah

 

 

 Mourad HAMZA,

conférencier et imam de la mosquée d'Aix-en Provence


et Hafez BOUHLEL,

membre actif de l'UFCM 

 

 

 Présentation de l'association Union Française des Consommateurs Musulmans (UFCM).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Avant de passer le permis de conduire,  il y a d'abord le code.  Dans le Qur'an,  c'est la même chose.  C'est ce qu'Allah (Soubhanallah Wa ta Allah) nous enseigne. Au centre du Coran,  on nous demande d'agir avec tact.  Au milieu de la sourate Al Baqarah,  un ayat nous indique que nous sommes la religion du juste milieu.  La centralite de notre vie,  c'est de rappeler aux gens la présence de Dieu.  Dans nos actes et dans notre comportement avec les gens du livre. 

 

 

 Ne mangez pas l'argent de l'orphelin, je dois le protéger.  On ne peut pas modifier le temps.  Comment tu as géré ton temps ? La conception du temps est différente selon comment on le gère.  Si tu fais la prière de fajr à la Mosquée,  les anges t'accompagnent.  Allah (Soubhanallah Wa ta Allah) nousdit, sans le Qur'an,  la vie sur terre n'est rien.  Si Allah nous demande de jeûner pendant le mois de Ramadhan,  c'est que nous avons à réparer quelque chose dans notre corps.  Quand on jeûne,  on diminue l'acide gastrique.  On peut se tenir en bonne santé,  rien qu'en jeûnant. Il faut jeûner les 3 jours blancs.

 

 

 Le fait de jeûner libère l'esprit.  

 

Quand le premier verset est descendu,  le jeûne n'est pas obligatoire. C'est seulement la 2 ème année qu'il a été prescrit,  s'abstenir de manger, de boire,  d'avoir des relations intimes avec son épouse,  ne pas avoir de paroles medisantes. 
Plus on monte vers Allah,  plus notre vision du monde change.  En éduquant mon corps et en éduquant mon coeur. Sourate 33 verset 35. 

 

 

Quand on jeûne,  Allah nous élève au plus haut degré.  Si tu commets une faute,  tu dois nourrir ou vêtir 10 pauvres,  ou tu fais 3 jours de jeûne. 

Libère ton âme de ses passions et de ses pulsions. 

L'islam nous donne une libération,  je n'ai plus peur. 

Celui qui jeûne pendant le mois de Ramadhan, Allah (Soubhanallah Wa ta Allah) va effacer tous ses péchés. 

Le jeûne n'est valable que si il y a l'intention.  

 

 

 Nous avons 5 ennemis,  il y a d'abord shaytan,  c'est l'incitation au mal,  ce sont les relations proches,  ne pas détourner le regard, c'est qu'Allah nous met dans notre coeur.  

Allah nous dit,  que le mari et la femme sont un vêtement pour l'un et pour l'autre.  

 

 La Taqwa,  c'est la crainte irrevencielle de Dieu.  

 Le voile féminin a été autorisé après 16 ans de la révélation du Qur'an et l'alcool a été interdit  15 ans après la révélation.  

Le Qur'an est un océan de lumière.  

 

  
 


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posté le mercredi 17 mai 2017

le 16 mai 2017 : Dédicace du livre de Max Bobichon "Un prêtre dans la cité" à la Librairie Saint Paul à Lyon

 

 

« Gardez-vous de faire partie de l'une ou l'autre des deux espèces :

le rationaliste et le croyant.

Soyez les deux » Abd el Kader (1)

 

  • I -


Psaume 62 : « Dieu, Tu es mon Dieu

je Te cherche dès l'aube,

Mon âme a soif de Toi »


Jean de la Croix «  Où T'es Tu caché Ami

Toi qui me laisse dans les gémissements ?

Pareil au cerf Tu as fui

M'ayant blessé

Je sortis criant et Tu étais parti »


Rumi (soufi) « O bel oiseau prends ton envol

Vers ton pays natal

Tu t'es échappé de la cage

et tes ailes sont ouvertes

Eloigne toi des eaux stagnantes

Et hâte toi vers la source d'eau vive »


A tout moment je m'interroge : "Comment puis-je permettre aux êtres vivants d'accéder à la voie inégalée et d'acquérir rapidement le corps d'un bouddha ? "

Sûtra du Lotus, La durée de la vie de l'Ainsi-venu


*******************************************


Dans l'expérience de toutes ses réalisations, l'homme ressent à un certain moment qu'il voudrait aller plus loin que là où il est arrivé par sa créativité, par son art, par son cœur.


Rimbaud a détruit beaucoup de ses poèmes car il constatait qu'ils avaient exprimé ce qu'il voulait traduire de son émotion poétique mais qu'il n'a pas pu aller aussi loin qu'il l'aurait voulu.

Une fleur m'inspire au jardin : elle se nomme « le désespoir du peintre ». En effet, nul peintre ne peut exactement rendre compte par son art de la vérité extraordinaire de cette fleur. A la fois la couleur échappe à sa palette. A la fois la corolle échappe à son dessin.

Bach « ce cinquième évangéliste » n'a jamais pu ou su composer une pièce qui le satisfaisait.

Combien d'amoureux ressentent cette difficulté, cette angoisse de ne pouvoir exprimer leur sentiment. Ce qui les conduit parfois au désespoir. (Werther en est un témoin et combien d'autres).

En théologie, dans la recherche pour dire Dieu, même en acceptant la médiation de ses prophètes, il y a le constat inéluctable d'une carence dans l'expression. St Thomas considérait que son œuvre de théologie méritait d'être brûlée comme de « la paille ».

Singulièrement en pensant à Pascal qui l'a bien exprimé, le croyant, avec ses capacités intellectuelles peut essayer de dire « sa foi » «  réaliser sa religion ». Mais, franchissant le seuil de ses possibilités, il s'en remet à Celui qu'il ne peut atteindre par sa réflexion et il s'en remet au « pari » ; c'est à dire accepter d'accueillir le Don auquel il aspire mais qu'il ne peut atteindre :

« Mon âme la nuit Te désire et mon esprit au fond de moi Te guette dès l'aurore » Is 26.


En effet, à partir d'un certain seuil ses yeux ne sont plus capables de voir, son cœur seul « qui n'a pas les mêmes contraintes que sa raison » peut délibérément s'en remettre à Celui qui est pressenti mais qui seul peut se donner à atteindre dans un abandon serein et digne car le croyant n'a pas abdiqué la recherche. Il constate simplement que sa raison raisonnante ne dépasse pas le seuil sur lequel il se trouve.


1) Cité par l'Emir Abd El Kader  « témoin et visionnaire ».


- II -


Concernant notre recherche commune.


Notre groupe parfois ressent qu'un Esprit commun nous anime. J'aime à utiliser ce texte de Christian de Chergé pour constater ce que maladroitement nous arrivons à exprimer :

« Le don de soi à l'absolu de Dieu

la prière régulière,

le jeûne,

le partage de l'aumône,

la conversion du cœur,

le mémorial incessant de la Présence,

la confiance en la Providence,

l'urgence de l'hospitalité sans frontière,

l'appel au combat spirituel,

l'appel au pèlerinage qui est aussi intérieur.

En tout cela comment ne pas reconnaître l'Esprit de Sainteté dont nul ne sait d'où Il vient, ni où Il va, d'où Il descend ni par où Il monte. Son office est toujours de faire naître d'en haut, d'attirer sur une voie ascendante » (2)


Nos religions monothéistes se retrouvent dans cette énumération et dans le peu que je connaisse du bouddhisme (japonais) il me semble qu'il ne renie pas ce « chemin », mais c'est un chemin qui fait pressentir le but qui sera don.

 

Beaucoup d'hommes, de penseurs, de théologiens, de croyants, humbles et pleins de recherche font cette expérience.

Au bout d'une recherche parfois difficile ou fiévreuse, parfois sereine et sage, nous constatons tous que nos « pratiques », nos « rituels » nous conduisent immanquablement vers un but qui semble nous échapper et qui pourtant innerve nos balbutiements et qui singulièrement fécondent nos rituels et nos pratiques qui sans cela seraient lettre morte.


Oserais-je penser que le tétragramme par lequel nos frères juifs évoquent Celui qui est au cœur de nos recherches mais que nul ne peut nommer, signifie que Dieu est insaisissable, car donner un nom pourrait faire croire que nous le saisissons ou que nous essayons de le posséder.

Je crois aussi que dans le Coran, la distinction entre « gahib », le mystère divin inaccessible et à l'opposé la « shahada », ce qui est connu, veut essayer d'exprimer cela, cette expérience à laquelle nous sommes finalement tous confrontés.


  1. « Islamochristiana » Michel Younès. L'expérience mystique et son impact sur le dialogue islamo-chrétien. P. 25 Profac et CECR 2009



Comme chrétien j'aime à prier avec ce texte écrit entre 350 et 390 par

St Grégoire de Naziance en Cappadoce car il me dit ce que j'essaie de vous dire :

« O Toi l'au-delà de Tout

N'est-ce pas tout ce que l'on peut chanter de Toi ?

Quelle hymne Te dira ? Quel langage ?

Aucun mot ne peut T'exprimer

A quoi l'Esprit s'attachera-t-il ?

Tu dépasses toute intelligence

Seul Tu es indicible

Car tout ce qui se dit est sorti de Toi

Tous les êtres : ceux qui pensent et ceux qui n'ont pas de pensée

Te rendent hommage,

Le désir universel,

L'universel gémissement tend vers Toi

Tout ce qui est Te prie

Et vers Toi tout être qui pense Ton univers

Fait monter un hymne de silence

Tout ce qui demeure, demeure par Toi

Par Toi subsiste l'universel mouvement

De tous les êtres Tu es la fin

Tu es tout être et Tu n'en es aucun

Tu n'es pas un seul être

Tu n'es pas leur ensemble

Tu as tous les noms et comment te nommerai-je

Toi seul qu'on ne peut nommer ?

Quel Esprit Céleste pourra pénétrer tes nuées

Qui connaît le ciel même ?

Prends pitié,

O Toi l'au-delà de tout

N'est-ce pas Tout ce qu'on peut chanter de Toi ? »


- III -


C'est à ce point nommé que je repense au texte de Paul Ricoeur et surtout à ces mots que je souligne :

« Si vraiment les religions doivent survivre, il leur faudra en premier lieu renoncer à toute espèce de pouvoir autre que celui d'une parole désarmée, elles devront en outre faire prévaloir la compassion sur la raideur doctrinale ; il faudra surtout – et c'est le plus difficile – chercher au fond même de leurs enseignements ce « surplus »non dit grâce auquel chacune peut rejoindre les autres »


J'aime à penser que notre groupe est mûr pour échanger au niveau de ce « surplus non dit » grâce auquel, je crois, nous cheminons ensemble dans la sérénité et la paix.


De plus, sans doute à certaines heures, il est utile, indispensable, d'échanger à ce niveau pour nous sentir du même Esprit et ainsi avoir et prendre conscience de cette Réalité qui dépasse tous nos balbutiements. A ce niveau, pas de privilégiés, seule notre capacité d'accueil nous permet de recevoir. Jésus recevant un centurion romain (armée occupante « goï ») dira à son propos « En vérité en Israël je n'ai jamais trouvé pareille foi » (pareil accueil) Matthieu ch.8, verset 10


Je songe aux prophètes d'Israël qui vitupèrent contre nos « pratiques », nos « rites formalistes » sans aucune sève reconnue et voulue, sans âme reconnue et voulue ; ces sacrifices dont le Dieu d'Israël prétend « qu'Il a les narines agacées et incommodées par la fumée des sacrifices réalisés uniquement pour la forme ».


J'aime à penser aussi que nos frères mystiques dans chacune de nos religions expriment comme il peuvent cette dimension de nos groupes spirituels. Mais leurs spécialités « mystiques », le souci permanent d'exprimer ce « non dit » qui vitalise nos pratiques et nos prières personnelles ne peut nous dispenser, nous croyants, qui que nous soyons, de savoir et de cultiver ce « non dit » car il est le structurant de toute notre expression religieuse. Les mystiques, juifs, chrétiens, musulmans, nous font souvenir de l'essentiel.

Cet essentiel dont Ricoeur, je pense, nous parle comme d'un « non dit » et qu'un jour ou l'autre il faut dire.


Souvent à ce niveau de ma réflexion je pense à une scène de l'Evangile de St Jean au chapitre 4, verset 20 ; cette scène est bien connue : Jésus traverse la Samarie. Il est proche du puits de Jacob. Il s'assied sur la margelle. Il est midi, une femme samaritaine (donc ennemie des juifs) vient chercher de l'eau. Et Jésus lui demande à boire. S'en suit une discussion d'abord morale. La femme veut éviter ce domaine et elle entraîne Jésus sur une discussion théologique .

« Nos pères, dit-elle, ont adoré Dieu sur cette montagne (le Garizim) et vous (les juifs) vous affirmez qu'il faut adorer à Jérusalem ».

Alors Jésus lui dit « Crois moi femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père....L'heure vient et maintenant elle est là où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité - « Dieu est Esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité ! » .


Jésus est clair ; j'interprète sa parole comme une confirmation de l'existence de ce « non dit » qui dépasse toutes nos religions et que nous devons accueillir les uns et les autres pour nous sentir frères et pour donner véritablement sens à tous nos rituels : l'Esprit les anime, les dépasse, leur donne sens et justifie notre marche commune et nos partages savoureux.


J'ose penser que c'est sans prétention que nous pouvons analyser cela.


********


« Le chemin qui conduit à ce but ne consiste pas à abandonner notre propre tradition religieuse pour une idée universelle qui ne serait qu'une abstraction. Ce chemin nous conduit plutôt dans le sens d'un approfondissement de notre propre religion par la prière, la pensée et l'action .

Dans la profondeur de toute religion vivante, il y a un point où la religion comme telle perd son importance et ce vers quoi elle se dirige brise sa particularité et l'élève à une liberté spirituelle qui lui donne une vision de la présence du divin dans toutes les expressions du sens ultime de la vie humaine. C'est ce que le christianisme doit découvrir dans sa rencontre avec les grandes religions »

Paul Tillich, Le christianisme et les religions » 1961 Paris Aubier p.173


Et il n'est pas le seul ! Car la découverte peut être mutuelle.

 

De la part de Max BOBICHON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 


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