Faire ensemble, vivre ensemble, agir pour la Paix

« Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu’il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns et les autres par les bonnes actions. Votre retour à tous se fera vers Dieu, il vous éclairera au sujet de vos différends » (Sourate 48-verset 5).

posté le samedi 11 novembre 2017

le 11 novembre 2017 : Conférence débat sur le thème : « Le couple et la famille musulmane » avec Nader Alami et Gaetan Dehondt au

 

 

 Conférence débat sur le thème : « Le couple et la famille musulmane » avec Nader Alami et Gaetan Dehondt

aux Foyers Communaux 1 Rue Claude Debussy à Vénissieux 

 

 

 Conférence sur le couple et la famille musulmane.

 

Conseiller les jeunes avant et pendant le mariage,
Conseils aux parents, sur l'éducation des enfants, la gestion des conflits et sur la sexualité dans le mariage.

 

Rencontre "célibérez-vous" cadrée, après la conférence.
 


 Nader Alami

(psycho-sexologue)

 

 

 La première mission de tous les messagers a été de dire la vérité.  Mais ensuite quand il s'agit de dire la vérité,  cela devient inconfortable.  Le mensonge est plus facile. Le mal est séduisant.  Toute la science que pouvait avoir tous les grands savants du monde, n'est pas suffisante. Nous avons besoin du divin pour nous aider.  Pour être en paix avec Allah ( Soubhanallah Wa ta Allah ),  c'est de faire du bien.  Il faut toujours mettre le bien avant, jusqu'à ce que l'on meurt,  il faut toujours faire du bien.  Quand on reste dans le célibat prolongé,  c'est contre nature. La vérité, la religion,  c'est de faire du bien.  Le message,  c'est d'être apaisé.  Selon un sondage en Angleterre, 60 % des femmes musulmanes seraient célibataires. Cela veut dire que les musulmanes ne veulent pas se marier ?

 

 

 Le célibat longue durée a toujours existé, mais, c'est contre nature. 

Ce phénomène est fait pour affaiblir la communauté.

Dans les faits, nous sommes tous des serviteurs d'Allah, mais en fait nous sommes des serviteurs de shaytan.  

Dans toutes les grandes villes du monde,  c'est le même phénomène.  

 

 

 J'en appelle à une révolution naturelle,  mais ça ne sert à rien de se fixer des objectifs car on y y arrivera pas.  Cest aux États Unis,  c'est en Californie,  c'est là où tout se décide avec le numérique,  Google,  Twitter,  Facebook.  

Il faut rappeler à nos enfants,  notre être naturel,  c'est la seule et vraie vérité.  

 

 

 J'ai créé un groupe qui s'appelle "céliberer vous".  Mais les gens refusent,  ils restent dans la discutaille. Osons nous poser la question,  pourquoi tout ce confort ? Il faut savoir jauger,  est ce que c'est bon pour moi ?  Tu ne vas rien rajouter à la terre si tu fais du mal.  Ne penses qu'à faire du bien en nous réconciliant avec notre être naturel. Ne pas faire le bien,  c'est collaborer avec le mal.  Le confort absolu est accessible au plus grand nombre d'êtres humains.  

 

Actuellement,  tout le monde est sorti de son environnement naturel,  et pourtant ça fait du bien de se ressourcer,  de revenir aux sources,  faire la paix en soit.  
 

 

 

 Dans la nature,  il y a un contrat naturel, quand un homme et femme veulent se rencontrer,  c'est un cycle naturel. La femme peut tomber enceinte,  c'est le cycle naturel,  avoir des enfants,  c'est le cycle naturel.  Quand elle devient faible,  c'est son mari qui lui vient en aide. Un accouchement est un sacrifice.  Qu'est ce qui maintient le mari dans son cycle naturel,  c'est parce qu'il s'occupe de son épouse durant sa grossesse et pendant son allaitement. 

Le célibat longue durée est un danger pour l'humanité. Le premier exercice de la journée,  c'est de se lever et de faire salât fajr et tout devient plus clair,  plus simple.  C'est le bon équilibre.

 

 

 Gaetan Dehondt.   

(coach en développement personnel,coaching parental et coaching couple)

 

 

 Le contexte en France,  n'a rien à voir de celui qui est en Arabie Saoudite. 

Le sujet du mariage est un sujet extrêmement vaste, c'est de pouvoir nous aider et donner des réponses à nos interrogations.  Allah ( Soubhanallah Wa ta Allah ) nous facilite notre existence,  nous sommes de la même origine,  c'est de vivre en tranquillité entre homme et femme.  Il n'y a pas de vie de couple sans pardon et sans générosité. La correction spirituelle, c'est de méditer sur les versets du Coran.  Les mariages simples,  ce sont des mariages qui durent plus longtemps.  Le but de cette vie,  c'est de faire un travail sur soit même.  Ne rentrera pas au paradis celui qui a un atome dans le coeur.  Ne pas être orgueilleux, ne pas se donner de bonnes excuses,  ne pas être fataliste,  de dire c'est le destin,  mektoub. 

 

 

 La première chose qu'il faut renouveler,  c'est sa relation avec Allah.  Si tu as besoin de quoi que ce soit,  il faut demander à Allah.  D'où l'importance de faire des douas, c'est l'étape fondamentale,  c'est l'importance de base.  Puis il y a la nihya,  l'intention,  se poser la question,  est ce que l'on le fait pour Allah.  Avec quelle intention on se marie.  Le mariage ce n'est pas un but.  Le mari et l'épouse,  c'est un moyen d'atteindre Allah.  L'amour,  c'est quelque chose qui s'entretient tous les jours.  Il y a un hadith qui dit que l'ingratitude vient de l'épouse.  Mais il faut avoir cette intention de nous corriger.  Faire attention de ne pas tomber dans l'hypocrisie. La patience,  c'est une grande qualité qui doit être dans la vie du musulman. Allah nous envoie des épreuves,  pour nous éprouver.  Il n'y a pas pire que l'oisiveté.    

 

 

 Il faut toujours tout faire pour sauver son mariage,  si tu souffres,  c'est que tu as une part de responsabilité, il y a des droits et des devoirs.  On dit quand qu'un mariage est réussi,  c'est quand il est a des disputes.  Il faut adorer Allah comme si on le voyait. Il faut savoir reconnaître ses défauts, on a tous des imperfections, l'intelligence,  c'est de se corriger sois même.  C'est de faire cet effort permanent de se corriger,  il faut commencer par connaître ses devoirs.  Le croyant,  c'est le miroir du croyant, avant de chercher à corriger l'autre,  on en revient à la notion de patience. C'est une obligation en islam de connaître les règles du jeûne, de la prière,  de la zakat,  du pèlerinage.  Toutes les causes sont liées à l'ignorance.  

 

 

 Les hommes sont réputés pour être des persécuteurs,  la communication est un élément fondamental.  Comprendre la vie du couple.  Affronter un problème,  c'est le dépasser.  Lire le livre : "Les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus".  Allah a créé une société pour vivre ensemble,  c'est fondamental d'apprendre à se connaître. 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le vendredi 10 novembre 2017

le 10 novembre 2017 : Conférence-débat sur le thème : « l'islam d'hier et d'aujourd'hui »par Rachid Benzine au Centre Social Georg

 

 

Conférence-débat sur le thème : « l'islam d'hier et d'aujourd'hui »

par Rachid Benzine au Centre Social Gerges Lévy à Vaulx en Velin  

 

 

 De quoi parle-t-on quand, dans le grand concert des médias occidentaux, on parle d’ « islam » ? La plupart du temps, il s’agit de l’islam comme religion instrumentalisée au bénéfice de tel ou tel pouvoir.

 

 

 Rarement l’islam est approché à partir de ce qu’il est d’abord : une foi et une spiritualité qui ne cessent de nourrir et de faire vivre de manière pacifique et pacifiante des centaines et des centaines de millions d’êtres humains.

 

 

 Plus rarement encore, l’islam est abordé par ses productions intellectuelles contemporaines. L’islam comme réalité spirituelle est ignoré sciemment ou par manque de culture. Pourtant au sein de l’immense monde musulman, de multiples évolutions ne cessent de se produire.

 

 

 

 

 

 

 Ces nombreux penseurs musulmans ne se satisfont pas de renforcer le monde musulman en face des données de la modernité mais ressentent la nécessité de repenser l’islam lui-même. Le Coran est bien pour eux Parole de Dieu et de Révélation. Mais leur intention est de réexaminer la manière dont l’islam a pu se construire historiquement. De revisiter les interprétations successives du message coranique et des autres textes fondateurs (hadiths, sunna, corpus des grandes écoles juridiques…).

 

 

 Ils désirent exposer aux méthodes de la recherche scientifique, y compris les sciences humaines, tous les aspects de l’islam. La plupart de ces penseurs pour bénéficier des conditions d’une nouvelle herméneutique coranique, revendiquent une démocratisation des sociétés musulmanes et une grande liberté de conscience pour chaque individu. En cela ce sont des réformateurs.

 

 

 Attention pourtant de ne pas les comparer à Luther car le protestantisme s’est construit dans l’opposition à une institution centralisatrice puissance, qui n’existe pas dans le monde musulman. Le mouvement vers la Réforme en islam ne date pas d’aujourd’hui. Il y a eu une période de réformisme au milieu du 19ème siècle avec le persan Jamal al-Din al-Afghani, le cheikh égyptien Muhammad Abduh ou, entre 1935 et 1940, avec notamment le Syrien Mohammed Rashid Rida. A cette époque, l’islam subissait la colonisation ; les musulmans s’interrogeaient sur leur retard en matière scientifique et technique.

 

 

 Ces pères fondateurs du réformisme moderne n’adressaient pas leurs critiques sur la manière dont l’islam s’était historiquement construit mais sur la mauvaise pratique de l’islam par les musulmans. Les nouveaux penseurs connaissent un contexte très différents : des pays indépendants livrés à des pouvoirs dictatoriaux supportant mal la moindre prétention à une réforme qui pourrait leur échapper. Ils ont été les témoins impuissants du jeu cynique de l’Occident qui s’est opposé aux mouvements de libération nationale laïques et a favorisé souvent les mouvements fondamentalistes et islamistes avant de les dénoncer désormais.

 

 

 Ces nouveaux penseurs se retrouvent parmi les victimes de l’humiliation constante des peuples arabes qui résulte de la non-reconnaissance des droits du peuple palestinien ou des guerres américaines contre l’Irak. En effet, chaque fois qu’une société arabe se sent méprisée, elle se révèle incapable de la moindre autocritique et se retourne vers ceux qu’on lui présente comme des « détracteurs de l’islam ».

 

 

 Les nouveaux penseurs sont ainsi à la fois la cible des pouvoirs politiques non démocratiques, des savants traditionnels et des islamistes qui n’apprécient pas leur libéralisme et leur dénonciation du concept d’Etat islamique comme résultat d’un détournement des textes. Plusieurs furent menacés de mort, tous furent harcelés, Mahmoud Mohamed Taha fut pendu au Soudan en 1985. 

 

 

 Le rapport à la modernité Les premiers réformistes ont cherché à concilier les acquis scientifiques modernes avec la préservation intégrale du bloc des croyances musulmanes et celui de leurs applications juridiques et sociales, c’est à dire le retour vers les « pieux ancêtres » (salaf) – des salafites, à ne pas confondre avec la signification moderne du mot qui désigne les adeptes d’un islam wahabite des plus rétrogrades.

 

 

 Les nouveaux penseurs perçoivent la modernité sous un jour très différent. Pour eux, elle n’est pas universelle, comme allant de soi ; c’est une faculté construite socialement qui existe au sein de pratiques et de discours multiples. Pour eux, la modernité correspond à une période de l’histoire humaine où la raison et la science l’emportent sur la primauté reconnue hier aux Ecritures, à la tradition et à la coutume. Leur critique de la modernité est aussi vigoureuse que leur critique de l’héritage islamique. Le progrès scientifique et technique n’et pas toujours un allié et la suffisance de l’Occident leur est insupportable.

 

 

 

 

 Ce qu’ils retiennent de la modernité surtout, c’est la lumière critique que les connaissances modernes ont développée. Ils prônent l’incorporation des sciences sociales modernes (linguistique, sémiologie, histoire comparée des religions, sociologie, notamment) dans l’étude de l’islam et de l’interprétation des textes. A.K. Soroush, Mohammed Arkoun (France et Algérie), F. Rahman, N.H. Abû Zayd, A. Charfi etc. viennent du Maroc, de Tunisie, de l’Egypte, d’Afrique du Sud, de Malaisie, d’Inde, de Syrie, du Pakistan.

 

 

 Ils ne tiennent pas le même discours sur les questions religieuses, politiques ou culturelles mais ils ont en commun de vouloir étudier le Coran, la tradition et l’islam en général selon les exigences de l’académisme universitaire, à l’aide de méthodes exactes, recherchant une connaissance indépendante… 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 


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posté le jeudi 09 novembre 2017

le 08 novembre 2017 : Dîner du Vivre Ensemble dans le cadre de la semaine de l'Egalité au Centre Culturel Charlie Chalpin à Vaulx

 

 

 Dîner du Vivre Ensemble dans le cadre de la semaine de l'Egalité au Centre culturel communal Charlie Chaplin de Vaulx en Velin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Allocution de bienvenue de Mesudiye Bedir

(Présidente de la Maison des Dialogues)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Allocution d'Hélène Geoffroy

(Maire de Vaulx-en-Velin, ancienne Secrétaire d'État chargée de la Ville) 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Hélène Geoffroy, Abdel Malik Richard Duchaine et Yvette Janin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 


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posté le mercredi 08 novembre 2017

le 07 novembre 2017 : Conférence du Rabbin Alain Michel  à l’initiative de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) de Lyon à la

 

 

 

 Conférence du Rabbin Alain Michel  à l’initiative de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) de Lyon à la Grande Synagogue de Lyon 2e 

 

 

 sur le thème : « ANTISÉMITISME, PARCOURS HISTORIQUE JUSQU’À L’AFFAIRE DREYFUS ».

 

 

 Des persécutions médiévales à la Shoah, l’antisémitisme semble traverser l’histoire. Dans sa mise en acte sans cesse renouvelée, il paraît un défi au temps et à la raison de l’historien mais aussi de la communauté humaine. 

 

 

 Présentation de l'intervenant, Alain Michel,  par le père Jean Massonnet (Président des Amitiés Judeo Chrétienne)

 

 

 Alain Michel est un historien français né en 1954 à Nancy, qui vit en Israël depuis 1985. 

 

 

 Il est également rabbin du mouvement Conservative et dirige la maison d'édition Elkana, qu'il a créée en 2003.

 

 

 Des persécutions médiévales à la Shoah, l’antisémitisme semble traverser l’histoire. Dans sa mise en acte sans cesse renouvelée, il paraît un défi au temps et à la raison de l’historien mais aussi de la communauté humaine.

Les toutes premières manifestations d’antisémitisme (mais peut-être que le terme est trop fort ici puisque les historiens ne sont pas d’accord en ce qui concerne l’existence d’un éventuel antisémitisme antique ; les deux conceptions antagonistes sont les suivantes : d’une part on trouve les défenseurs de l’idée d’un « antisémitisme éternel » qui apparaît avec la naissance même du judaïsme (Mommsen) et d’autre part une position selon laquelle on ne peut pas vraiment parler d’antisémitisme avant la diffusion du christianisme (PoliakovIsaac)…) donc si l’on veut tout de même trouver des manifestations antijuives antiques, les premières connues dateraient du VIe siècle avant J.-C déjà. C’est en effet à cette date que les Babyloniens vont détruire le premier Temple à Jérusalem, obligeant les Juifs à s’exiler. Cette dispersion du peuple juif, du à cet exil, va largement contribuer à faire du juif un homme apatride, déjà une sorte de marginal et de toute façon quelqu’un qui appartient à une minorité. On sait qu’une forme d’antisémitisme existe aussi dans l’Empire perse au Ve siècle avant J.C. A Eléphantine, en Egypte, on parle de synagogue rasée et de massacres de Juifs. Au IIIe siècle déjà un prêtre égyptien, un certain Manethon, affirme que les juifs ne sont qu’une race de lépreux, il diffuse également d’autres accusations, qui seront reprises tout au long de l’antiquité, parmi elles : la stérilité, l’athéisme (puisque les Juifs rejettent le culte des dieux païens), la misanthropie (parce que les Juifs ne se mélangent pas au reste de la population). A ces propos s’ajoutent encore les pratiques considérées comme barbare de la circoncision ou encore la paresse, puisque les Juifs s’abandonnent à l’oisiveté tous les samedis. Notons que la plupart de ces accusations seront reprise par Alexandrin Apion qui s’est plu à récolter le maximum des rumeurs à l’encontre des Juifs (voir le Contre Apion de Flavius Josèphe (auteur juif du Ier siècle) qui répond à ces accusations).

 

 

 Un autre exemple, à Alexandrie, en l’an 38 de notre ère, les Juifs  représentaient environ 40 % de la population (ce qui les met en compétition avec les Egyptiens hellénisés), ils se voient reprochés le fait de bénéficier d’un régime favorable. Sous Caligula, cette amertume, ce sentiment antijuif débouche sur un véritable pogrom (avec d’ailleurs l’appui du préfet d’Egypte qui sera destitué par l’empereur qui recevra les doléances d’une délégation juive. Trois ans plus tard (41) Claude écrit une Lettre aux Alexandrins leur recommandant une tolérance mutuelle et les instigateurs des troubles furent mis à mort). Notons cependant que ladite lettre de l’empereur fait une distinction entre Juifs et Egyptiens en ce qui concerne les menaces de châtiment.

 

 

 Une des grandes accusations contre les Juifs est celle de double allégeance, puisque outre l’empereur romain, ils reconnaissaient aussi le roi des juifs. C’est un reproche qui sera repris par tous les antisémites qui voient chez les juifs un agent double potentiel. On en veut aux Juifs de ne pas honorer les dieux, de ne pas offrir de sacrifices et d’éviter les mariages mixtes. Il faut bien comprendre que ce genre de propos n’est pas que le fait du petit peuple, des auteurs comme Sénèque, Juvénal, Quintilien, les véhiculent également. D’ailleurs Tacite dit «Tout ce qui est sacré pour nous est profane pour les Juifs, et tout ce qui leur est permis nous est impur». Voilà qui traduit bien une aversion envers les Juifs, reste qu’il faut bien distinguer cet antisémitisme « païen » de l’antisémitisme qui aura cours au Moyen Age, puis celui qui se développera à partir du 19e siècle et qui fait directement appel à la notion de race.  L’antisémitisme païen est essentiellement culturel (donc pas raciste et moins théologique qu’il ne le sera au Moyen Age) et surtout cet antisémitisme païen n’a pas aboutit à une discrimination politique, ou sur des humiliations populaires constante et impunie comme cela deviendra le cas dès le Moyen Age. Inutile de multiplier ici les exemples d’exactions dans l’antiquité à l’encontre des juifs justement parce que la comparaison entre antisémitisme antique et antisémitisme médiéval pose problème.

 

 

 Les Juifs du V au XVe siècles

Au début du Moyen Age, en Europe occidentale, on ne décèle aucun signe particulier d’animosité envers les Juifs. On peut même dire que des liens quasi « fraternels » se sont tissés entre chrétiens et juifs. Mais les Conciles de l’Eglise vont tout faire pour atténuer ces contacts.  Nous verrons que l’élément crucial reste certainement les Croisades. Passons directement aux griefs retenus contre les Juifs au Moyen Age pour mieux comprendre comment évolue la situation des Juifs.

 

 

Les Juifs : peuple «déicide » ?

Cette idée selon laquelle les Juifs ont été les assassins de Jésus va justifier pour des siècles les persécutions à l’encontre des juifs. Cette accusation est « institutionnalisée » d’abord entre le II et le Ve siècle chez les Pères de l’Eglise. La démarche est d’abord celle de discriminer le judaïsme qui, après tout, est un concurrent fâcheux pour une église qui se veut universelle.  L’idée que les Juifs sont non seulement responsables de la mort de Jésus, mais qu’en plus celui-ci a également été trahi par Judas pour de l’argent va nourrir l’aversion à l’égard du Juif. Notons qu’au XVIe siècle, le Concile de Trente a tenté de remédier à ces affirmations. Les Juifs sont disculpés de l’accusation de déicide, mais ce texte ne va avoir que très peu d’effet. La responsabilité collective des Juifs dans la mort de Jésus a été démentie en 1965 seulement, avec la déclaration du Vatican «Nostra Aetate»

 

 

 Les Pères de l’Eglise : un antijudaïsme chrétien.

Dès le IIe et IIIe siècles après la naissance de Jésus, les Pères de l’Eglise vont chercher à attirer les païens et les classes dirigeantes vers le christianisme, mais l’influence des Juifs sur les païens à cette époque était encore forte (les conversions en faveur du judaïsme n’étaient pas rares, rappelons que près de 10% de la population de l’Empire était juive). L’intérêt de ce « christianisme conquérant » était évidemment de renforcer les aspects négatifs des Juifs. Les polémiques qui opposent Chrétiens et Juifs vont s’amplifier entre le IIe et le IVe siècle, notamment au sujet des Ecritures et de leur interprétation. 

 

 


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