Faire ensemble, vivre ensemble, agir pour la Paix

« Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu’il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns et les autres par les bonnes actions. Votre retour à tous se fera vers Dieu, il vous éclairera au sujet de vos différends » (Sourate 48-verset 5).

posté le lundi 19 mars 2018

Le 19 mars 2018 :  Masterclass Acteurs de l'économie - La Tribune avec Edgar Morin « Refonder une pensée politique en France » au

 

 

 Masterclass Acteurs de l'économie - La Tribune avec Edgar Morin « Refonder une pensée politique en France » au Théâtre des Célestins à Lyon 2 ème. À travers son oeil de sociologue, de philosophe et de résistant, le penseur de la complexité jettera les bases d’une pensée politique nouvelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'effacement du clivage entre Gauche et Droite en France est symptomatique d'une profonde remise en question de la pensée politique. Notre époque voit le monde se transformer. Le prisme à travers lequel l'Homme observe ses contemporains et son histoire a radicalement changé. Aussi, pour définir une nouvelle pensée politique, il faut d'abord en définir les fondements. La pensée politique, ou plutôt bien sûr l'ensemble des pensées politiques, traversent une importante mutation. Les repères traditionnels s'écroulent, un contexte nouveau fait irruption. Comme toute rupture, celle-ci charrie son lot d'incertitudes, son lot d'espérances, son lot d'inquiétudes. Pour ne parler que de l'Europe, c'est-à-dire en faisant abstraction de la folie déversée depuis le 8 novembre 2016 outre-Atlantique, que voit-on ?

 

 

 

 

 De l'Angleterre à la Catalogne, des mouvements séparatistes, sécessionnistes, identitaires qui morcellent le continent. De la Pologne à la Hongrie, des régimes de plus en plus illibéraux, capables comme à Varsovie de voter le 31 janvier dernier une loi condamnant, jusqu'à 3 ans de prison, toute référence aux "camps de la mort polonais" et tout écrit, tout propos associant le pays à une quelconque responsabilité dans les crimes contre l'humanité perpétrés sur son sol par les nazis.

 

 

 En Italie, le 4 mars, le mouvement 5 étoiles, caractéristique d'un populisme singulier, trustait la première place aux élections législatives, et la formation d'extrême droite la Ligue vampirisait la coalition de droite. Que dire de l'Autriche ? La population a porté au pouvoir une extrême droite, le FPO, qui détient des ministères aussi clés que l'Intérieur, la Défense, la Fonction publique, la Santé, le Travail, et les Affaires étrangères. Ceci dans un mouvement de résignation, d'abdication, de cécité coupable non seulement autochtone mais aussi européen, qui n'est pas sans exhumer ce qui s'est passé il y a exactement 80 ans et que narre, froidement, implacablement, Eric Vuillard dans L'Ordre du jour, dernier prix Goncourt.

 

 

Enfin, l'Allemagne. Oui, même l'Allemagne est contaminée, elle qui le 24 septembre dernier voyait la formation extrémiste AFD propulser 94 députés au Bundestag. Impensable, inimaginable.

Et pourtant... Partout les digues cèdent, qui composent une cartographie contemporaine de l'Europe que le résistant que vous fûtes, cher Edgar, doit constater avec grande inquiétude.

Dans quelques jours sont organisées à l'Institut de France les Rencontres capitales, auxquelles La Tribune est associée, sur le thème des mutations et de la mémoire. Les mutations défient la mémoire, or sans mémoire toute mutation, toute transformation, toute rupture exposent aux abîmes les plus vertigineux. Cette Europe sans politique et qui brunit inexorablement, n'en est-elle pas la démonstration ? 

 

 

 La France peu épargnée

Et en France, sommes-nous mieux lotis ? Certes non. Abstention, vote nul, vote blanc, et 10 millions 600 000 bulletins en faveur de Marine Le Pen ; lors du second tour du scrutin présidentiel, au total 26 millions de citoyens choisirent de ne pas faire barrage au Front national. Soit 6 millions de plus que le nombre d'électeurs qui donnèrent leur voix à Emmanuel Macron.

Un an plus tard, qu'observe-t-on ? Un PS pour longtemps, peut-être pour toujours, à l'agonie ; une France insoumise empêtrée dans ses errements et une radicalité démagogique ; une droite dite républicaine disloquée et arraisonnée par les artisans de la porosité voire du mimétisme idéologiques avec ce qu'il faut désormais nommer le Rassemblement national certes affaibli mais dont le substrat demeure vivace.

 

 

 Pulvérisant l'historique clivage droite-gauche - vous nous direz d'ailleurs, Edgar, s'il s'agit là d'une opportunité ou d'un obstacle voire d'un danger par rapport à la nécessité d'une nouvelle pensée politique -, le paysage politique national est bouleversé, au centre duquel a triomphé une dynamique que résume bien le sociologue Alain Touraine : "Enfin un pilote dans l'avion, et il faut s'en réjouir. Mais pour aller où ? Et d'ailleurs, lui-même le sait-il ?"

 

 

 "Le temps est venu de changer de civilisation"

Cher Edgar, l'automne dernier, nous publiions ensemble aux éditions de l'Aube un dialogue, que nous avions titré "Le temps est venu de changer de civilisation". Barbarie du chiffre et des algorithmes, tyrannie de la marchandisation et de la cupidité, dictature de l'immédiateté et de la compétition, dépérissement des solidarités et de la fraternité, suprématie des logiques binaires, profusion de fanatismes de toutes sortes, hégémonie des raisonnements arrogants, narcissiques, égoïstes, vaniteux par la faute desquels nous détruisons chaque jour notre bien commun, notre trésor commun, la planète vivante (humaine, végétale, animale) : le tableau alors dressé et qui bien sûr demeure immuable était sombre, d'aucuns peuvent même le considérer apocalyptique.

 

 

 Toutefois les moyens de le conjurer, les voies de la catharsis, de la résilience et de l'espérance sont répertoriés. Ils invitent à décloisonner les consciences, à désamorcer les peurs, à confronter convictions, appartenances et idéaux en restaurant les conflictualités, à entremêler ce qui aujourd'hui est volontiers compartimenté, à commencer par l'imagination et le rêve. Ils somment aussi d'accepter d'être en débat intérieur, d'être dans la complexité de soi sans laquelle on ne comprend pas et donc on n'appréhende pas la complexité du monde.

 

 

 Et à ces conditions, nous pouvons ressusciter le sens. Le sens de ce qu'individuellement nous sommes, nous entreprenons, nous ambitionnons, le sens de ce que collectivement nous inventons, nous bâtissons. L'accomplissement de soi n'est-il pas conditionné à l'accomplissement des autres ?

 

 

Cher Edgar, on ne peut pas espérer changer de civilisation si on ne change pas la politique qui lui sert de support.

Vous allez nous dire s'il est possible - et si oui comment de modeler un espace politique et des règles politiques à même de réhabiliter le sens et l'utilité de la politique et ainsi de faire naître des consciences politiques au service de cette civilisation nouvelle, au service d'une communauté de destinsplutôt que d'une fragmentation de destins, d'un isolement des destins

 

 

 Notre société est à certains égards fossilisée, à d'autres elle est dans le mouvement et l'agilité. Il faut s'en réjouir et c'est là un préalable nécessaire, encore faut-il qu'à ce mouvement soient associées une destination, une justification.

 

 

 Vers un destin commun

Oui, il est l'heure de proposer une nouvelle offre politique qui invite les citoyens à se réapproprier leur destin et à insérer ce destin dans un destin commun, qui invite à une émancipation, une libération, une désaliénation, une autonomie des consciences imprimant mécaniquement l'exercice politique, enfin qui permette à la convergence de s'imposer à la désunion, l'altruisme à l'ignorance, la bienveillance au cloisonnement, le care à l'artifice.

 

 

La réinitialisation du moteur social, démocratique, politique et ainsi donc humain est à cette condition. Du rêve à son exaucement, bien sûr le chemin est semé d'innombrables embûches, et l'angélisme n'a pas sa place.

L'angélisme non, mais l'utopie oui. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 


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posté le dimanche 18 mars 2018

le 17 mars 2018 : Colloque du Conseil Théologiques des Musulmans de France au Centre Interculturel de Décines Charpieu

 

 

 Colloque du Conseil Théologique des Musulmans de France au Centre Interculturel de Decines Charpieu

 

 

 

 

 Récitation coranique

 

 

 

 

 

 

 Intervention d'accueil de Cheihk Mohammed Minta (Imam de la Mosquée de Decines Charpieu, membre du Conseil Théologique des Musulmans de France)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Cheykh Hassan El Houari (Membre du Conseil Théologique Musulman de France)

 

Le Conseil Théologique des Musulmans de France, existe le 25 mai 2015.   Qui réunit les théologiens musulmans de France,  rien à voir avec le Conseil Français du Culte Musulman. Tous théologiens,  tous Imams,  se réunissent pour le soucis théologique,  quand on voit les musulmans qui se divisent à l'occasion du début du jeûne du moisde Ramadhan.

 

 

 Il faut intervenir lorsqu'il s'agit de l'héritage des musulmans et ne pas être dépendant des pays étrangers qui veulent imposer une doctrine en matière de fatwas. L'islam est un vecteur de vérité,  et il est de notre devoir d'appliquer cette vérité. 

 

 

 Nous avons un devoir vis à vis de nos jeunes.  Jamais l'islam ne sera porteuse de guerre,  au contraire l'islam est une religion porteuse de paix.  D'où l'existence du Conseil Théologique des Musulmans de France, nous sommes une association de la loi de 1901,    et l'état n'a pas de droit d'intervention au sein de ce Conseil Théologique des musulmans de France.

 

 

Nous devons oeuvrer pour la réforme des musulmans de France.  Nous avons des comptes à rendre à nos musulmans de France. 

 

 

 

 

 Cheykh Musadak Mohamed (Membre du Conseil Théologique Musulman de France)

 

Qu'est ce que c'est la fatwas,  c'est de demander quelque chose qui n'est pas clair. C'est de poser des questions relatives à la religion musulmane.  C'est la raison pour laquelle il a été créé le Conseil Théologique des Musulmans de France.  C'est cd conseil qui donnera des réponses sur des avis sur des questions religieuses.

 

 

 Comment on va appliquer tout cela.  Celui qui prend l'initiative de donner une fatwa, prend une grande responsabilité vis à vis d'Allah ( Soubhanallah Wa ta Allah ).  Il faut être formé avec des conditions d'une grande science,  il faut être d'abord musulman,  être sain d'esprit, avoir une grande connaissance,  non seulement sur la lecture du Coran,  mais aussi une grande connaissance des hadiths,  de la civilisation Musulmane, avec les poèmes et la philosophie arabe. 

 

 

 

 Le mufti,  prend une grande responsabilité. On ne prend pas un avis sur internet. Est ce que chaque musulman doit avoir cette connaissance sur telles ou telles fatwas, c'est une obligation,  mais pas pour tout le monde.  Le musulman doit être très attentif à toutes ces questions religieuses. Pour une seule question, on peut avoir 3 ou 4 réponses différentes,  d'où l'importance d'avoir un mufti qui ait cette connaissance,  quelque soit l'école,  malikite, hanifite, hanbaliste. 

 

 

 La fatwa est susceptible d'être changée à tout moment,  surtout quand les dispositions ne sont pas certaines,  par exemple, lorsque c'est la période des examens pour les étudiants,  pour le regroupement des prières.

 

 

 Un mariage hallal doit être toujours accompagné par un mariage civil,  sinon la femme ou le mari perdent tous leurs droits. Le mufti a un poste très dangereux. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Cheihk Ounis Guergah (Membre du Conseil Théologique Musulman de France)

 

C'est quoi la théologie musulmane ? Il y a le Coran, la Sunnah.  Les règles des réformes, c'est la connaissance de la science des anciens savants. Ce sont eux qui ont fait des recherches.   Quelqu'un qui fait des réformes, l'ichtihad,  il doit avoir un minimum de connaissances, la connaissance du contexte,  la connaissance de la raison, sans raison,  on ne peut pas comprendre le texte.  

 

 

 Si il y a des divergences entre les gens,  au début de chaque siècle,  il y a toujours eu des savants qui ont eu cette science,  ce n'est pas nécessaire qu'il n'y ait qu'une seule personne,  mais plusieurs savants. 

 

 

 Tout d'abord,  les règles juridiques viennent du texte, soit du Coran soit de la Sunnah.  Tous ces textes représentent 5 à 10 % du Coran et de la Sunnah.  Il y a aussi le texte conjoncturel,  à propos des ablutions, et tout dépend des différentes écoles.

 

 

 Ichtihad (effort de réflexion). On parle de la réforme intellectuelle,  mais on ne parle pas de la réforme de la foi (djihad el nefs). La femme musulmane a le droit de donner son lait à la banque du lait pour d'autres nourrissons.  

 

 

 

 Aujourd'hui,  dans la région parisienne,  on fait deux salâts "joumaa" pour éviter les prières de rue.  Quand on parle de ces différentes règles, les savants font des efforts pour appliquer ces principes.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 


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posté le samedi 17 mars 2018

le 16 mars 2018 : Conférence-débat : « Les Grandes étapes de l'évolution morphologique et culturelle de l'homme émergence de l'êtr

 

 

 Conférence-débat : « Les Grandes étapes de l'évolution morphologique et culturelle de l'homme émergence de l'être humain » par le Professeur Henry de Lumbey (Directeur de l'Institut de Paléontologie Humaine) organisé par l'association France Ethiopie Corne de l'Afrique, dans les Salons de l'Hotel de Ville, Place de la Comédie à Lyon 2 ème.

 

 

 Henry de Lumley, Directeur de l'Institut de Paléontologie Humaine de France, sur le thème de "Les grandes étapes de l'évolution morphologique et culturelle de l'Homme. Émergence de l'être humain". Titre de son ouvrage qui a publié les actes du colloque international de l'Academie Pontificale des Sciences de l'origine de l'Homme. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
 


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posté le jeudi 15 mars 2018

Le 15 mars 2018 : Politique et société à l'Université Catholique Campus Saint Paul Entretien avec le Pape François et Dominique Wo

 

 

 Politique et société à l'Université Catholique Campus Saint Paul Entretien avec le Pape François et Dominique Wolton

Pendant un an, le pape François a accordé douze entretiens à l’intellectuel français Dominique Wolton. Fruit de ces rencontres humaines et chaleureuses, ce dialogue exceptionnel et inédit aborde en toute liberté les grands sujets de notre temps et de l’existence humaine : la paix et la guerre, la politique et les religions, la mondialisation et la diversité culturelle, les fondamentalismes et la laïcité, l’Europe et les migrants, l’écologie, les inégalités dans le monde, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, l’individu, la famille, l’altérité, le temps, la confiance et la joie.

Sans conformisme ni langue de bois, ce livre illustre la vision du pape pour l’Église catholique et la société : abattre les murs et construire des ponts.

 

 

 Jorge Mario Bergoglio, cardinal-archevêque de Buenos Aires, a été élu pape sous le nom de François le 13 mars 2013. Il est le premier pape jésuite et latino-américain de l’histoire de l’Église catholique.

 

Dominique Wolton est directeur de recherche au CNRS. Il est le fondateur et le directeur de la revue internationale Hermès (CNRS Éditions) depuis 1988. Dans la communication, il privilégie l’homme et la politique par rapport à la technique et à l’économie. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, traduits en vingt langues.

 

 

 Jamais un souverain pontife ne s’est autant épanché auprès d’un intellectuel français ! Durant un an, le sociologue Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS en sciences de la communication, a recueilli les confidences du pape François. Pas moins de douze rencontres de deux heures chacune en quasi tête-à-tête au Vatican. Ces confessions inédites sur la guerre, la mondialisation, les migrants, l’écologie, les inégalités mais aussi des thèmes très personnels à l’image de l’étonnante psychanalyse de l’Argentin à l’âge de 42 ans ont donné lieu à un livre d’entretiens* qui vient de sortir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En quoi François se démarque-t-il de ses prédécesseurs ?

 

C’est un pape laïc. Il ne met pas en avant le vocabulaire religieux mais le vocabulaire social et politique qui s’inscrit dans les valeurs religieuses. C’est ça qui fait qu’il est si populaire dans le monde chez les athées et qu’il suscite autant de réactions chez une bonne partie des cathos. Il est direct, compréhensible immédiatement par tout le monde.
 
Sur le fond, il ne bouleverse pas les dogmes de l’Eglise...
Il est tolérant sur les moeurs. Il a pris position sur l’homosexualitéles femmes dans la curieles couples divorcés qui peuvent revenir à l’église... Mais on ne peut pas demander à l’Eglise d’avoir une vision moderniste sur tout. Il est tout à fait normal que sur certaines valeurs, elle ne soit pas en phase avec l’esprit du temps.

 

 

 Y a-t-il une part de provocation dans ses sorties politiques ?

 

Cet homme a 80 ans, il sait qu’il n’est pas là pour longtemps, qu’il ne pense pas comme les autres, que son pouvoir est limité y compris au sein de l’Eglise. Par conséquent, il y va franco ! Qu’il y ait une petite dimension de provoc, peut-être, mais je pense plus naïvement qu’il est quand même un peu habité par tout ça et qu’il y va. C’est un latino, pas un européen. Dans son style, il est moins confit que ses prédécesseurs.
 

 

Au risque de provoquer des fractures au sein de la communauté de fidèles ?
D’un côté, il ne veut pas de rupture. Son obsession, c’est toujours des ponts, des ponts, des ponts et surtout pas des murs. De l’autre, il entend remettre l’Eglise au coeur des grandes batailles politiques. Mais il veut être le pape de tous, à la fois celui des riches et des pauvres, même si, au fond de lui-même, il déteste les puissants. Il est, en fait, obsédé par cette idée d’unité.

 

 

 A-t-il conscience que ses positions sur les migrants peuvent être clivantes ?

 

En Italie notamment, ses propos suscitent une hostilité radicale. Et y compris dans le clergé, même si cela se sait moins parce que l’Eglise est feutrée. Mais quelles que soient les réactions des pays, il répètera que l’Europe trahit ses valeurs. Sur les migrants, il ne lâchera pas et rappelera que Jésus, lui-même, était aussi un migrant.
 
Sort-il de son rôle de pape quand il va sur ce terrain ?
Je ne pense pas. Est-ce que Jean-Paul II sortait de son rôle quand il prenait position pour la sortie du communisme ? Je ne crois pas. Les papes font toujours de la politique, plus ou moins explicitement. Leur seul pouvoir, c’est l’influence, la parole. François lance des ballons d’essai. La curie, il n’arrive pas à la réformer alors il joue l’opinion publique internationale.

 

 

 Est-il de gauche ?

 

Pour une part, oui. Sur tout ce qui est social, culturel, politique, c’est indéniable. Sur la définition de la vie, sur son opposition à l’avortement par exemple, là, in fine, on pourrait croire qu’il est de droite, mais en réalité, c’est plutôt la fidélité à des valeurs religieuses essentielles, des dogmes qui ne sont ni de droite ni de gauche.
 
Diriez-vous qu’il est révolutionnaire ?
C’est l’évangile qui a un contenu révolutionnaire dans le sens où ce texte demande aux riches et aux puissants d’être généreux, d’être hyper-attentifs aux exclus. A travers une lecture progressiste, contestataire, ce pape-là en tire des conséquences sociales directes. Plus il vieillit, plus il est sensible à la dimension socio-politique de son engagement, parce qu’il voit bien que les choses ne bougent pas facilement et que la mondialisation est un facteur d’inégalités.

 

 

 Avez-vous ressenti que c’était un homme seul au Vatican ?

Il sème mais il est un peu seul, oui. Mais il a une paix intérieure, il est très heureux d’être pape.

 

 

 Avait déjà interrogé le Cardinal Jean Marie Lustiger,  (Cardinal d'origine juive, converti au catholicisme, il n'y en avait pas eu depuis le 16 ème siècle).

Est allé au Vatican à la rencontre du Pape François,  rentre dans une petite pièce,  il y a eu 12 rencontres avec lui.  Quand,  il lui a montré le livre qu'il a écrit sur lui,  le pape François,  n'a rien voulu retiré de que ce j'avais écris.  J'ai eu l'impression qu'il avait une vision sur les 30 prochaines années à venir.  L'immigration ne le lâchera jamais,  c'est un engagement de l'évangile.  C'est un homme obsédé par la paix et la guerre,  le génie de cet homme, est d'origine immigré italien.  Il a fait 25 voyages dans des petits pays,  là où il y a le malheur, tel que la Birmanie avec les rohingyas, c'est quelqu'un qui très proche des gens, il aime le peuple.  Il est néanmoins contesté parmi les cardinaux, il y a une critique de la presse. 

 

 

 Loïc Joncheray Directeur de la librairie La Procure (Discutant)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Par rapport à l'Europe,  il dit aux jeunes,  réveiller vous.  Dans toutes les paroisses du monde, on  demande dd s'occuper des immigrés.  Nous sommes la partie du monde la plus démocratique,  il demande d'utiliser cette valeur pour être au service des plus démunis.  

 

 

 Le pape François, demande que nous changions de modèle.  L'église de Rome est contre le capitalisme,  pourquoi l'église n'a jamais été entendue.  Par contre sur les moeurs,  il y a un peu trop d'amplitude, et puis il y a la question sur la Bioéthique. Mais le pape François ne lâche pas sur l'immigration,  il dit lui même,  je ne suis pas un professeur, je ne suis qu'un pasteur.  Son premier voyage, il va à Lampedusa à la rencontre des migrants.  Il est dans une vision très pragmatique,  il ne passe pas ses étés à Castelgandolfo. Il pose des questions sur les valeurs fondamentales de l'être humain.  Il fait fi de la tradition,  il est obsédé par l'exclusion, il a un don de la formule. Avec son encyclique Laudato si mi signore (Loué sois tu mon seigneur) avec une écologie humaine.  Les gens ne comprennent pas pourquoi il y a un dialogue entre pape et un laïc.   Il faut mettre de tout dans la sphère publique,  y compris la religion.  Le pape François nous fait part de son inquiétude d'une église qui se replierait sur elle même.  Il vit sur 2000 ans d'histoire. 

 

 

 

  
 


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